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Dernière nouvelle : une manifestation de femmes hébergées au centre Jules Ferry est en cours. Elles se dirigent vers le hangar où lieu le tri et l’enregistrement des personnes dans le cadre de l’expulsion avec une banderole demandant la protection du Royaume-uni.

 


Alors que 70 cars de police, accompagnés de journalistes, viennent de boucler le bidonville pour en commencer l’expulsion, le programme d’évacuation mis en place par le gouvernement avait ce matin sombré dans le chaos.

Depuis des mois, les personnes qui veulent aller en Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO – voir ici, ici, ici et ) sont confrontées à une pénurie de places et à une gestion indigne de cette situation. Concrètement, à chaque départ de bus pour quarante ou cinquante personnes, cent cinquante à deux cents attendaient parfois en ayant dormi sur le trottoir, le tri se faisant au faciès et les laissé-e-s pour compte étant chassé-e-s par la police. S’ajoutent le stress de l’expulsion, et la confusion dans laquelle les mineur-e-s se trouvent ballotté-e-s entre des décisions contradictoires.

Les mineur-e-s en particulier étaient particulièrement révolté-e-s hier, et ont vivement interpellé les associations qui suivaient jusqu’alors leur situation et qui se trouvent désarmées devant les incohérence du dispositif mis en place par les autorités.

La longue queue devant le hangar où se fait le tri et l’enregistrement pour partir vers les CAO et CAOMIE (CAO pour Mineurs Isolés Étrangers) est donc houleuse, tourne à la bousculade et à la bagarre. La préfète annule la conférence de presse prévue ce matin et les CRS sont envoyés en force – c’est visiblement le seul dispositif prévu par les autorités pour s’occuper des mineur-e-s.

La situation est d’autant plus tendue pour les autorités que la Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté, une autorité indépendante, est présente dans le hangar et questionne le dispositif. Il semble en effet que les personnes qui entrent dans le hangar ne soient plus libres d’en sortir autrement qu’en montant dans des bus dont elles ne pourront pas s’écarter pendant les haltes du trajet, et qu’elles sont donc privées de liberté hors de toute légalité.

Face à cette situation dégradée, le Haut Commissariat aux Réfugiés, qui étant présent en observateur, a décidé de se retirer, comme il l’a fait en Grèce dans les hot-spots mis en place par le gouvernement grec et l’Union européenne.

Le dispositif mis en place par les autorités a donc implosé par lui-même par ses propres incohérences, l’indignité des conditions d’enregistrement, la mauvaise organisation et les multiples négations des droits.

La démonstration de force médiatisée commençant cet après-midi va venir recouvrir cet échec, la violence apparaissant pour les autorités comme l’ultime recours pour paraître maîtriser la situation.

 

poly3Hier lundi, les CRS « gérant » les mineur-e-s.

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