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Jeudi 10 décembre, visite au camp de Grande-Synthe https://goo.gl/maps/pgPfuh5jfC92 . D’ordinaire il y a là entre tente et quatre-vingt personnes, sur un côté d’une clairière rectangulaire que longe le chemin d’accès, parfois quelques cabanes dans le sous-bois. En septembre, il y avait des tentes tout autour de la clairière, environ quatre cents personnes. Maintenant ils et elles sont deux mille cinq cents à trois mille. La clairière est presque totalement occupée par les tentes et les cabanes, sauf la partie la plus boueuse. Le campement s’étend largement dans les sous-bois. La boue est omniprésente.

Près de l’entrée du bois, des pré-fabriqués abritent des sanitaires abritent des sanitaires. Médecins sans Frontières et Gynécologie sans Frontières sont présents un peu plus loin. Des bénévoles britanniques et belges s’affairent pour rendre la situation moins invivable. Des vivres sont emmenés à la réserve collective. De nouveaux arrivants sont emmenés vers un emplacement libre où ils pourront planter la tente qui vient de leur être donnée. Des braseros faits de gentes de voiture soudées ont été distribués pour le feu et la cuisine. Des espaces collectifs ont été aménagés, barnums ou grandes cabanes. Des cabanes d’habitation doivent aussi être construites pour remplacer les tentes impropres à abriter du froid et de l’humidité de l’hiver.

Vendredi 18 décembre, La Voix du Nord publie un article sur le « déménagement du camp de migrants ». Un nouveau terrain serait proposé rapidement aux exilé-e-s, où seraient installées cinq cents tentes chauffées de cinq personnes et des sanitaires, et une école. Trop petit dès le départ (2500 places alors qu’il y aurait plus de 3000 personnes), alors que le nombre de personnes a augmenté rapidement et continûment ces derniers mois, ce qui veut dire que d’autres campements précaires subsisteraient ailleurs. Mais beaucoup mieux en terme de salubrité.

Une phrase toutefois inquiète : « Les donateurs seront invités à faire les distributions à l’entrée. Nous aimerions aussi installer un hangar pour stocker ce qu’ils apportent afin de procéder à des distributions selon les besoins… » Tout un tissu de solidarités s’est créé autour du bidonville de Grande-Synthe comme autour de celui de Calais. S’agit-il à nouveau de détruire ces liens en tenant les gens à distance, et de créer comme à Calais un camp semi-fermé ? À Calais, Médecins sans Frontières, qui semble être l’opérateur désigné pour l’opération de Grande-Synthe, a émis des critiques virulentes par rapport à l’action des bénévoles calaisiens ou non intervenant dans le bidonville. L’ONG urgentiste ne semble pas prête à intégrer son action dans un tissu de solidarités déjà existant.

http://www.lavoixdunord.fr/region/grande-synthe-le-demenagement-du-camp-de-migrants-est-ia17b47594n3226158

Samedi 19 décembre : une bénévole dunkerquoise informe les associations que l’accès au bidonville de Grande-Synthe est bloqué par la gendarmerie. Seules les associations autorisées par la préfecture peuvent entrer, et seulement à pied – pratique quand on vient distribuer plusieurs centaines de repas. Il est possible d’amener des couvertures, mais pas de tentes ni de matériaux de construction.

L’État élimine les intervenants qu’il juge indésirable, et entrave l’action des autres, comme il essaye de le faire à Calais (ici, ici, ici, ici, ici et ).

 

Quelques photos du bidonville de Grande-Synthe ici :

https://www.flickr.com/photos/saraprestianni/albums/72157662229459851

 

Grande-SynthePhoto Sara Prestianni

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