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Évacuer plusieurs milliers de personnes n’est pas simple, surtout lorsqu’on veut donner l’image d’une opération humanitaire, malgré le déploiement de plus de trois mille policiers. Obtenir le consentement d’une partie des personnes expulsées et de certaines associations devait grandement faciliter les choses lors de la destruction du bidonville de Calais. Et pour cela un point clé : la promesse répétée qu’il n’y aurait pas de Dublin pour les personnes qui partiraient en CAO (Centres d’Accueil et d’Orientation – voir ici, ici, ici et ).

Le règlement Dublin III sert à déterminer le pays européen responsable d’une demande d’asile, le plus souvent le pays d’entrée dans l’Union européenne. La plupart de ces pays ne respectent pas les droits des demandeur-se-s d’asile et n’offrent pas de conditions d’accueil et d’intégration satisfaisantes. Dire aux personnes que Dublin ne leur serait pas appliqué était donc un élément important pour les décider à demander l’asile en France et à renoncer à leur projet d’aller au Royaume-uni.

Une fois en CAO, face à des pratiques variables d’une préfecture à l’autre, il a le plus souvent fallu déchanter. La promesse initiale a connu plusieurs reformulations successives, un haut responsable a copieusement laissé son 06 à des responsables d’associations en promettant de résoudre les situations difficiles, mais la réalité est là.

La préfecture de Haute-Garonne est une de celle qui met depuis la création des CAO à la fin du mois d’octobre 2016 le plus d’énergie à expulser dans le cadre de Dublin III. Les exilé-e-s envoyé-e-s dans les CAO de la région appelaient aujourd’hui à une manifestation à Toulouse, appel relayé par des associations.

À Albi, où un rassemblement avait lieu hier, c’est une question d’entraves à la demande d’asile pour les exilé-e-s accueilli-e-s au CAO de Lacaune.

Le mouvement de protestation (voir ici, ici, ici, ici et ) s’amplifie donc dans les CAO et CAOMI (CAO pour mineur-e-s isolé-e-s- voir ici, ici, ici, ici et ).

 

L’appel au rassemblement à Albi :

https://iaata.info/Rassemblement-en-soutien-aux-migrant-es-d-Albi-1772.html

« Rassemblement en soutien aux migrant.es d’Albi

Publié le 20 décembre 2016
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Mercredi 21 décembre des migrant.es qui ont séjourné au printemps dernier au CAO de Lacaune se rendent à la préfecture retirer un dossier pour leur demande d’asile. Ils ont besoin de notre soutien car la préfecture entrave leurs démarches. Par ailleurs, nous ne sommes pas à l’abri d’une arrestation, comme il s’en est produit jeudi dernier, le 15 décembre, à Albi.

APPEL À RASSEMBLEMENT

MERCREDI 21/12 À 10H30 devant la préfecture du Tarn à ALBI.

Pour manifester notre soutien à ces personnes et les aider à faire respecter leurs droits rassemblons-nous ce mercredi 21/12 devant la préfecture du Tarn, Lices Georges Pompidou. »

 

L’appel des exilé-e-s au rassemblement de Toulouse :

https://iaata.info/RASSEMBLEMENT-EN-SOUTIEN-AUX-EXILE-E-S-DE-CALAIS-1761.html

« Les exilé.es de Calais et leurs soutiens appellent à un rassemblement

Publié le 20 décembre 2016

Jeudi 22 décembre, à 13h, les exilé.e.s de Calais hébérgé.e.s dans les CAO de Haute-Garonne se rassemblent devant la Préfecture pour dénoncer les pratiques de celle-ci et réclamer qu’elle tienne les promesses prises à leur égard. Rejoignons-les, et venons faire du bruit à leurs côtés !

Nous, migrant.e.s hébergé.e.s en ce moment dans des CAO (Centres dits d’Accueil et d’Orientation) de Haute-Garonne et alentour, sommes arrivé.e.s suite à l’expulsion des campements de Calais, dans des bus qui nous ont éparpillé.e.s un peu partout à travers la France.

Nous avons décidé de monter dans ces bus suite aux promesses de représentants de l’État nous affirmant que nous pourrions déposer des demandes d’asile selon la procédure normale, nous certifiant que la procédure Dublin -qui permet de nous expulser vers le pays par lequel nous sommes entrés en Europe- ne nous serait pas appliquée.

La préfecture de Haute-Garonne, à notre arrivée ici, a réitéré cette promesse. Mais elle trahit à présent son engagement, et remet aux personnes qui se présentent à leur rendez-vous, des dossiers de demande d’asile Dublin, et ce contrairement aux pratiques administratives adoptées dans d’autres départements.

C’est le hasard du lieu dans lequel nous avons atterri qui nous permet de reprendre un peu d’espoir, ou nous impose au contraire de fuir à nouveau.

Nous dénonçons donc aujourd’hui les pratiques insidieuses de la préfecture de Haute-Garonne et exigeons qu’elle respecte les engagements pris à notre égard.

Nous, personnes soutenant les migrant.e.s, refusons à leurs côtés les manœuvres répressives et opaques que leur infligent l’Etat et les institutions affiliées qui spéculent sur le racisme et la misère.

Sous couvert d’opération humanitaire, L’État a une nouvelle fois organisé la chasse des migrant.e.s présent.e.s à Calais, en les éparpillant, les isolant et les invisibilisant davantage.

Nous soutenons et souhaitons faire entendre les revendications des exilé.e.s de Calais face à la préfecture de Haute-Garonne qui, fidèle à ses pratiques, met en œuvre une conception restrictive et coercitive du droit des étrangers.

A une Europe qui érige des murs et des frontières, qui enferme et expulse, nous opposons l’accueil, l’hospitalité, la solidarité directe et la lutte collective.

Soyons nombreux et nombreuses jeudi 22 décembre à 13h devant la Préfecture pour soutenir les migrant.e.s et enrayer la machine à expulser ! »

 

L’appel d’associations à soutenir et participer au rassemblement de Toulouse :

https://iaata.info/L-Etat-doit-tenir-sa-promesse-aux-exile-es-de-Calais-1773.html

« L’Etat doit tenir sa promesse aux exilé.es de Calais

Le démantèlement expéditif et policier de la Jungle de Calais n’en finit pas d’occasionner des drames humains. Après l’évacuation imposée aux exilé-e-s dans des conditions indignes, la mise en danger des mineure-s laissée-e-s pour compte et plus généralement le manque d’humanité qui a caractérisé l’intervention de l’Etat dans la Jungle, voilà que la France trahit la promesse faite à celles et ceux qui ont accepté ce qui s’apparente désormais à un marché de dupes. Plusieurs organisations, syndicats et associations (l’ADE- association toulousaine d’avocats, l’ADDE – association nationale d’avocats, la CIMADE, le Syndicats des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et la Ligue des droits de l’Homme) partagent l’indignation des exilé.es et appellent à les rejoindre jeudi devant la préfecture afin de rappeler l’Etat à ses engagements.

Ainsi, l’Etat français s’est engagé, par la voix de ses plus hautes autorités [1], à ne pas renvoyer vers le premier pays d’entrée dans l’espace européen celles et ceux qui accepteraient de monter dans les bus à destination des centres d’accueil et d’orientation (CAO) afin d’y déposer une demande d’asile.

Certains préfets ont respecté cet engagement.

Tel n’est manifestement pas le cas du préfet de la Haute-Garonne qui a pris le parti d’appliquer la procédure dite « Dublin » à la quasi-totalité des demandeurs-ses d’asile arrivé-e-s de Calais afin de les éloigner du territoire français.

Face à un tel manque d’honnêteté et à une application inégalitaire des directives d’Etat sur le territoire national, les exilé-e-s placé-e-s dans les CAO de Toulouse et de ses environs sont extrêmement inquiet-e-s.

Trahi-e-s, illes ressentent une colère profonde et légitime.

Les exilé-e-s de Calais appellent en conséquence à une manifestation devant la
préfecture de la Haute-Garonne jeudi 22 décembre 2016 à 13 heures afin d’obtenir l’arrêt des procédures « Dublin ».

Nous, organisations, syndicats et associations, partageons leur indignation, soutenons leur lutte et appelons à rejoindre ce rassemblement afin de rappeler l’Etat à ses engagements.

Il est impératif que la France tienne sa promesse et permette à tous les exilé-e-s de Calais de déposer leur demande d’asile sur le territoire français.

Manifestation devant la Préfecture de la Haute-Garonne jeudi 22/12/2016 à 13h !

Communiqué de :

-  l’ADE (association toulousaine d’avocats)
-  l’ADDE, (association nationale d’avocats)
-  la CIMADE
-  le SAF (Syndicats des avocats de France)
-  le SM (Syndicat de la magistrature)
-  la Ligue des droits de l’Homme »

 

henri_martin_bords_garonneHenri Martin : Les Rêveurs.

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