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Les témoignages se multiplient : les exilé-e-s qui sont arrêté-e-s sont maintenant menacé-e-s que leurs empreintes digitales soient prises de force à la prochaine arrestation. Ce qui signifie que la France deviendrait responsable de leur demande d’asile, et qu’ils et elles y seraient renvoyé-e-s s’ils ou elles demandent l’asile au Royaume-uni. Les faits sont trop répétés pour qu’ils ne viennent pas d’une consigne donnée aux policiers : les exilé-e-s doivent soit demander l’asile de leur plein gré, soit disparaître, sous la menace de prendre leurs empreintes par la violence.

Cela rappelle ce qui s’est passé en mars et avril derniers. La police faisait quotidiennement le tour des squats et campements qui existaient alors, menaçant les habitant-e-s d’une expulsion violente s’ils et elles ne déménageaient pas vers le lieu où s’est construit le bidonville actuel (voir ici et ). Une nouvelle campagne de déguerpissement, utilisant les mêmes méthodes d’intimidation, est donc déclenchée.

La présence policière est importante autour du bidonville. Des bénévoles qui se rendent sur les lieux font l’objet de contrôles d’identité, moyen d’intimidation courant à l’encontre des témoins indésirables.

Quant aux rafles, elles ont commencé dès mardi, la veille de la venue du ministre de l’intérieur à Calais (voir ici, ici et ). Cinquante personnes ont été arrêtées en fin de journée et envoyées au centre de rétention de Nîmes. Cet après-midi, cinquante personnes raflées à Calais étaient attendues au centre de rétention du Mesnil-Amelot, près de l’aéroport de Roissy. Pour demain vendredi, cinquante places sont réservées au centre de rétention de Cornebarrieu, près de Toulouse.

Ci-dessous le communiqué de la CIMADE qui fait le point de la situation :

 

http://www.lacimade.org/communiques/5601-Calais–le-gouvernement-joue-la-grande-illusion

« 22 octobre 2015 | Calais, le gouvernement joue la grande illusion

Pour donner l’illusion de désengorger Calais, le Gouvernement a lancé une opération nationale d’une ampleur sans précédent. Plusieurs centaines de migrants seront ainsi déplacés et enfermés aux quatre coins de la France dans 9 centres de rétention durant les semaines à venir.  Sont clairement menacés des Syriens, Irakiens, Érythréens, Soudanais…, un dispositif totalement absurde puisque 99.5% des personnes concernées seront certainement libérées et reviendront à Calais.

L’opération a commencé hier à Nîmes à grands renforts de policiers. Elle se poursuivra dans l’après-midi au Mesnil-Amelot, à Toulouse demain.

Dans les faits, des exilés sont interpelés à Calais où la préfecture prononce des obligations de quitter le territoire français avant de les disperser dans des centres de rétention à Nîmes, Perpignan, Rennes, Toulouse, la région parisienne, Metz. Des avions de la sécurité civile sont mobilisés ainsi que de très nombreux policiers pour les escortes terrestres et aériennes.

Avec les avocats, La Cimade et d’autres associations accompagnent ensuite ces personnes traumatisées par ce déplacement forcé et la peur d’une expulsion, pour qu’elles puissent faire valoir leurs droits.

Puis, quand un juge a annulé les procédures presque toujours illégales ces personnes sont relâchées à toute heure du jour et de la nuit, à des centaines de kilomètres de Calais, sans moyens de transport ni hébergement, dans une précarité totale.

On est loin du « recours ponctuel à ce système de délocalisations » évoqué par le ministre de l’Intérieur, déjà critiquable, hier à Calais, et encore plus éloigné de son intention « d’éviter la concentration dans la ville de Calais de souffrances et de précarité en offrant des conditions de mise à l’abri sur tout le territoire national ».

Toutes ces personnes reviendront à Calais, après cette nouvelle étape éprouvante de leur parcours migratoire. La France aura violé leurs droits les plus fondamentaux en les enfermant, en leur notifiant des mesures d’expulsion vers des pays en guerre, en les précarisant encore davantage par l’éloignement forcé de leur campement de fortune. En plus d’être indigne cette politique est aussi absurde que coûteuse.

Si l’ampleur de cette opération est une première, la technique est en effet assumée de longue date par les pouvoirs publics malgré les sanctions à répétition de la justice.

L’opération qui se déroule depuis quelques jours révèle l’incapacité du gouvernement à prendre la mesure de la situation et à assumer les responsabilités qui sont les siennes.

La Cimade demande solennellement au Gouvernement un large plan d’urgence pour sortir la « jungle » de Calais de l’indignité dans laquelle elle se trouve. »

 

stop-deportations

 

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