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Au vu des annonces faites aujourd’hui à Calais par Bernard Cazeneuve, il est difficile d’y voir une réponse à « l’Appel de Calais » publié hier par 800 personnalités, et encore moins une réponse au rapport du Défenseur des droits publié le 6 octobre (voir ici, ici et ).

Côté humanitaire, l’aménagement d’un camp de container de 1500 places, annoncé par Manuel Valls le 31 août, est confirmé, sans plus. La préfecture estime à 6000 le nombre d’exilé-e-s habitants dans le bidonville où l’État les a concentré-e-s. L’Agence France Presse a révélé que le terrain n’était pas constructible, il est par ailleurs propriété du Conseil régional, qui pourrait passer au Front national aux élections de décembre. Cazeneuve ne clarifie pas ces sujets. Manuel Valls avait annoncé de nouveaux préfabriqués pour augmenter la capacité de mise à l’abri des femmes et enfants de 100 à 300 d’ici l’hiver. Cazeneuve annonce 400 places au lieu de 300, plus rapidement, mais sous tente.

À part des aménagements dans la mise en œuvre, Cazeneuve n’a strictement rien dit de nouveau sur le sujet, et n’a clarifié aucune des questions qui se posaient.

Il a par contre annoncé l’arrivée à Calais dès demain jeudi de 300 gendarmes et 160 CRS supplémentaires.

On peut certes admettre qu’il y ait en France 160 fonctionnaires de police et 300 militaires de la gendarmerie totalement inutiles et désœuvrés, et par conséquent mobilisables du jour au lendemain à Calais. Mais on peut aussi supposer que quelques questions logistiques sont à prévoir pour leur déplacement, et que celui-ci a été quelque peu anticipé. L’annonce soudaine par la préfecture que le nombre d’habitant du bidonville est passé à 6000 – ce qui n’a en réalité rien d’un scoop, ça c’est fait progressivement – tout comme la transe de la maire de Calais demandant l’intervention de l’armée n’étaient peut-être pas tout-à-fait innocentes. Elles avaient peut-être pour but de préparer le terrain médiatique à l’annonce de ces renforts.

On peut supposer que si ces gendarmes et policiers sont amenés à Calais, c’est pour être utilisés : aggravation de l’impasse dans laquelle se trouvent les exilé-e-s, malvenu-e-s en France et bloqué-e-s dans leurs tentatives d’en partir, augmentation des violences, multiplication des rafles.

Le ministre n’apporte pas de solution : il cogne.

 

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